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La mine - Visite du puits Henri-Paul en 1954

Le Préfet de la Nièvre et le directeur général des Houillères du bassin de Blanzy sont descendus rendre visite aux mineurs accomplissant leur rude besogne au fond du puits Henri-Paul.

Le puits Henri-PaulAvant la descente, les mineurs de fond, à La Machine ou dans d'autres mines n'ont pas souvent l'occasion de voir un Préfet circuler dans leurs galeries. De longtemps, en tout les cas, cela n'était pas arrivé à un "Premier Nivernais". Mais il est permis de se demander si les mineurs ont pu reconnaître Monsieur Bernard Vaugon, coiffé du casque de cuir bouilli avec la lampe frontale, revêtu des bleus de travail et chaussé de bottes en caoutchouc !

C'est cette tenue de rigueur qu'avaient revêtu également Monsieur Guény, président du conseil général, Monsieur Brenas, secrétaire général et Monsieur Carron de la Carrière, chef de cabinet, ainsi d'ailleurs que les représentants des Houillères qui les avaient accueillis, mais auxquels ce costume est familier, c'est à dire : Monsieur Antoine Fourt, directeur général ; Monsieur Pequot, directeur du bassin ; Monsieur Mazet directeur d'exploitation et Monsieur Chabaneix ingénieur principal d'exploitation.

Après une conférence à la Direction des Mines de La Machine au cours de laquelle furent examinés les problèmes intéressant l'administration et l'exploitation, Monsieur Mazet exposa le détail de la visite qu'il allait nous faire accomplir au puis Henri-Paul.

Quatre exploitations y sont en cours aux profondeurs de 200 mètres, 307 mètres, 400 mètres et 500 mètres. C'est à celle de 500 mètres que nous allons descendre, au "Plan de le Grenette" ou, sur un "front de taille" de 160 mètres de large se fait l'extraction de la houille.

Dans la masse de charbon, les mineurs pratiquent journellement une avancée de 1m20 sur une hauteur de 2m40. Ces chiffres n'ont l'air de rien, mais entre 7h30 et 13h30, il se remonte vers la surface (Le carreau), de 800 à 900 bennes de charbon.

Dans cette partie des Mines de La Machine, la mécanisation a été poussée de façon intensive depuis le mois de janvier 1954. Les chevaux ont quitté le fond de la mine de façon définitive. Ils ont été remplacés par les tracteurs diesel et les moteurs électriques. Le marteau-piqueur pneumatique et l'explosif ont remplacé le pic et la pelle. Du moins, ces derniers ne sont-ils plus que des accessoires, fréquemment remplacés eux-mêmes par la "râcle", ingénieuse combinaison de ces deux outils. Les tapis roulants, les trains de wagonnets tractés, les chaînes remontant le charbon ont remplacé la manutention manuelle.

Sans doute nous voulons bien croire que la peine des mineurs est moins grande qu'autrefois grâce à cette modernisation des moyens d'exploitation. Il n'en est pas moins vrai que nous avons vu hier, à 500 mètres au-dessous de la surface du sol, des hommes accomplir un dur labeur, un travail extrêmement pénible auquel nul autre ne peut être comparé, car il nous a semble qu'à la peine physique, doit s'ajouter une impression d'emprisonnement, ou tout au moins de retrait total, de coupure avec le monde, qui là-haut, vit à la lumière du jour.

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