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La mine - La catastrophe du 18 février 1890

La grande catastrophe du 18 février 1890

Elle est annoncée en ces termes le 20 février 1890 par Le Journal de la Nièvre.

“Un terrible accident est arrivé mardi dernier aux mines de La Machine. Il était 3 heures de l’après-midi, et le travail quotidien allait être fini, quand, par une cause restée inconnue, les poussières très fines de houille qui couvrent le sol des galeries dans un quartier de l’exploitation du puits Marguerite se sont enflammées. Ces sortes d’inflammations, semblables à celles que l’on produit au théâtre avec de la poudre de pyrèthre pour simuler les éclairs, se propagent au loin avec une extrême rapidité. En quelques secondes tous les ouvriers de ce quartier étant brûlés plus ou moins grièvement ou asphyxiés par les gaz délétères produits par la combustion. En même temps ces gaz, suivant le courant d’air, envahissaient un quartier du puits des Zagots, où ils se mélangeaient à l’air pur ; mais ce mélange d’air et de gaz, sans être asphyxiant, était assez toxique pour que les 17 hommes occupés dans cette région aient été en quelque sorte foudroyés par le poison.”

Le puits Marguerite à La MachinePlus loin l’auteur emploie une tournure équivoque : “Ce sont les mineurs Boudier et Tardy qui ont fait partir les deux coups de mine et qui se trouvant un peu en arrière quoique grièvement blessés ont pu donner l’alarme”. Un numéro suivant du journal exposera que les deux hommes ont été projetés de 15 mètres par l’explosion.

L’intervention des sauveteurs

Le Journal de la Nièvre évoque le sauvetage, mais avec un respect sourcilleux de la hiérarchie. “Le sauvetage a été immédiatement organisé par le directeur, les ingénieurs, les maîtres mineurs et les ouvriers. Au puits des Zagots on a pu rentrer de suite ... Le nuage empoisonné n’avait fait que le traverser. On y a trouvé les 17 cadavres à côté de leurs lampes allumées, et c’est ce qui permet de dire qu’il n’y avait pas eu asphyxie. Les visages n’exprimaient ni souffrance ni terreur. La mort avait été instantanée. Au puits Marguerite, on a trouvé tout d’abord 8 blessés, qui ont été transportés chez eux, où le docteur de la compagnie des mines leur a donné les premiers soins”. C’est complètement aberrant : pourquoi n’avoir pas soigné les blessés dans les bâtiments de la mine? Il n’y avait pas la place, peut-être? On a préféré faire courir le docteur d’une maison à l’autre! Sans compter les risques qu’il y a quand on transporte un blessé! Et le temps perdu, donc!

Au demeurant on apprendra que deux médecins de Decize sont venus épauler le docteur de la mine, ce qui veut dire qu’il n’y en avait pas d’autre que lui à La Machine, pour une population alors relativement nombreuse (5000 habitants environ, l’entreprise minière comptant dans les 1300 salariés selon Passaqui, dont à la mine elle-même et dans les services directs entourant celle-ci 982 hommes, 148 femmes et 67 enfants, ai-je trouvé pour 1890 dans le dossier M6335 des Archives départementales).

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