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Histoire - Le musée de la mine, présentation et horaires

Le Musée de la Mine a été inauguré le 17 juillet 1983 par Pierre Bérégovoy, alors Ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale sous la Présidence de François Mitterrand.

Le charbon a été pendant près de deux cents ans la principale ressource de la ville de La Machine. Son exploitation, contrôlée après 1865 par la Compagnie Schneider et Cie, a entraîné le forage de puits jusqu’à une profondeur de 700 mètres, la construction de plusieurs cités ouvrières et le recrutement de centaines de gueules noires.

Au moment de la fermeture du dernier puits en 1974, de nombreux mineurs ont voulu garder la mémoire de leur métier en créant un lieu éducatif, pédagogique mais aussi captivant. Ouvert depuis 1983, le Musée de la Mine est composé de trois sites complémentaires :

Le musée de la mine

- Le Musée de la Mine, installé dans l’ancien siège administratif des « Houillères », retrace l’histoire du charbon et la vie des mineurs (le fond, le casse-croûte, les drames, les loisirs). Le musée abrite les objets, photos, maquettes déposés par les anciens mineurs. Vous trouverez aussi le bureau des directeurs, une grande salle des plans, une maquette de la ville, des collections de minéraux et de fossiles trouvés dans le sous-sol, une collection de lampes de mineurs et l’évocation d’un habitat ouvrier.

- A quelques centaines de mètres, se dresse le chevalement sur son carreau de la mine, son parc à matériaux, la salle de la machine d'extraction et la lampisterie.

- Sous le carreau, l'ancienne galerie de mine-école a été transformée en un lieu de découverte. Cet espace décrit les savoir-faire utilisés pour extraire le charbon, les techniques de soutènement, la sécurité. Cette visite est réalisée uniquement à la lueur des lampes de mineur. Toujours à ce même endroit, si vous cliquez ici, vous trouverez une lettre et la suite de votre jeu.

Enigme 5

Vous vous rendez donc au Musée de la mine sur les "traces" de Pierre Bérégovoy.
Comme promis, je vous offre une lettre, ce sera le d. Et maintenant continuons.
« Bonjour, vous vous souvenez de la présence de Pierre Bérégovoy le 16 août 1992 ? »
« Bien entendu, je n'étais pas encore ici, mais on en a tellement parlé que ça a fait le tour de la ville. Pensez donc, On a remis une lettre au Ministre, mais il n'a jamais pu la déchiffrer. »
« Ha bon ? et vous avez gardé une copie de cette lettre ? »
« Mieux, il nous a laissé l'originale. Vous voulez la voir ? »
Vous ne vous faites pas prier pour déchiffrer ce fameux billet. Et là....Voici ce que vous découvrez :

Re tior cabgeddqax ba larryfa, tior yoqax cabiotaqs ky kassqa X am lyhorboka.
Ykkax tieq amroesa kar qaroksysr ca Ryems-Ylymc Limsqimc Gymczykk.

Vous êtes perplexe ? On le serait à moins, mais je suis certain que vous n'allez pas vous laisser abattre pour si peu.

En 2015, Monsieur Serge Bonnotte, né à La Machine et ancien mineur, paléontologue amateur, à fait don au Musée de près de trois tonnes de minéraux et fossiles, dont une tonne d'amonites. Durant toute sa vie, il a parcouru la France à la recherche de spécimens, et a souhaité que cette collection rejoigne le lieu où sa passion a vu le jour, la Mine de La Machine, riche en fossiles du carbonifère. Cette collection a été inaugurée en 2015 en présence de Mme Danielle Bonnotte et des membres de la famille, de M. Francis Dreyer, de la Conservation des musées au Conseil départemental, et Pascal Balourdet, de la Mairie de La Machine.

Le musée propose tous les ans une exposition temporaire sur des sujets divers. Il bénéficie du label Musée de France. Deux circuits d'interprétation, à la découverte du patrimoine minier implanté dans la ville, complètent la visite

Visite du musée

Les laveuses de charbon

Votre guide vous fera découvrir les savoir-faire utilisés pour extraire le charbon, les techniques de soutènement, la sécurité... dans une galerie facile d'accès.

Lampes et casques sont fournis pour la visite. Nous vous conseillons de porter des chaussures plates.

Le musée de la Mine de La Machine est ouvert du mois de mars au mois d’octobre pour les particuliers, et toute l'année sur RDV pour les groupes. La visite du musée se décompose en deux temps :

1 - Le premier, libre, invite les visiteurs à découvrir l'histoire des mineurs depuis le XIIIème siècle, à travers des photos et des gravures, dans la salle d'exposition, puis le processus de formation du charbon et les techniques minières, à travers une vidéo, dans la salle audiovisuelle.

2 - Le second, animé pendant une heure par un guide, fait découvrir aux visiteurs le carreau de mine du charbonnage, ses bâtiments, les machines et les installations, tant souterraines (galeries), que de surface. (Salle des pendus, lampisterie, chevalement, salle des machines), nécessaires à l'activité minière.


Le Musée de la Mine fête ses 40 ans cette année 2023. L'exposition temporaire y est consacrée. C'est principalement grâce au travail des anciens mineurs, rassemblés au sein de l'Amacosmi, que ce musée a vu le jour en 1983.

Récit.
La ville de La Machine s'est construite autour de la mine de charbon. On était mineur de père en fils, sans souvent avoir vraiment le choix, afin de subvenir aux besoins de la famille.

Ce fut le cas de France Golob, 88 ans aujourd'hui, d'origine slovène et polonaise, qui a suivi les pas de son père. « Nous étions trois garçons et deux filles. Mon père était malade et nous n'avions pas beaucoup d'allocations familiales à l'époque ! Je suis descendu pour la première fois à la mine après mon certificat d'études, à 14 ans et demi. » Ce Machinois a ensuite passé vingt ans au fond de la mine, comme piqueur. Il a continué sa carrière à la surface, au Bureau d'études de fonds, à Montceau-les-Mines, et est revenu passer sa retraite, en 1986, à La Machine.

Alain Pages, 81 ans, a lui aussi été contraint de travailler à la mine, mais pour une autre raison. « Nous étions quatre enfants. Mon frère et mes sœurs se sont tous mariés pratiquement en un an et demi. Restant seul avec mes parents, on ne pouvait plus garder le même logement, jugé trop grand pour trois. La seule façon d'y rester était que je travaille aussi à la mine. C'est ce que j'ai fait, à 17 ans, d'abord comme foudroyeur, puis comme manipulateur des piles de soutènement marchand et comme haveur (*). À 81 ans aujourd'hui, j'habite toujours dans ce même logement ! »

Du pastis dans le bidon
Au fond, la chaleur, les courants d'air, la poussière, les rats, etc... rendaient le travail et les conditions difficiles. La peur de l'accident n'était pas continuellement dans les esprits mais les risques étaient connus de tous.

Les membres de l`Amacosmi lors de la Sainte Barbe en 1997Ce qui reste dans les mémoires de ces deux anciens mineurs, c'est la grande solidarité qui existait alors. Les bons moments aussi, avec quelques anecdotes amusantes, comme le jour où « j'ai vu un de mes collègues ne plus s'arrêter de boire quand on est venu nous apporter le bidon au fond de la mine », se rappelle Alain Pages. « Je lui ai dit : "tu as une sacrée soif aujourd'hui". Je ne t'ai jamais vu boire autant. En fait, du pastis avait été ajouté dans le bidon... [rires !] » À la surface, il y avait aussi de très bons moments, comme la Sainte-Barbe où, aujourd'hui encore, les escargots sont au menu.

Après deux siècles d'exploitation, la mine doit fermer en 1974. Les mineurs l'apprennent une quinzaine d'années auparavant. En 1970, une poignée d'entre eux décide donc d'agir pour sauvegarder tout le patrimoine minier.

L'Association machinoise pour la conservation du souvenir minier (Amacosmi) voit le jour pour mener à bien cette mission, avec le soutien de la Direction de la houillère et de la municipalité. Petit à petit, l'idée de créer un musée fait son chemin. Son implantation est, dans un premier temps, envisagée dans des locaux aux Glénons, qui accueillent aujourd'hui le centre aéré et autrefois le centre d'apprentissage. Mais, finalement, en 1974, ce sont les anciens bureaux administratifs de la houillère qui sont retenus. Ceux-ci sont rachetés, en 1975, par la municipalité avec l'aide de l'Amacosmi et de la Délégation interministérielle à l'aménagement du territoire et à l'attractivité régionale.

Les travaux débutent en 1976. En 1982, c'est la Conservation départementale des musées qui va réaliser la scénographie à partir des objets et archives récupérés par les membres de l'Amacosmi. Ces derniers se lancent aussi dans la reconstitution de la galerie des lampes, dans la partie muséographie, et remettent en état la mine école, aux Glénons.

Pascal Balourdet en compagnie de Alain Pages et France Golob

Le musée, dont le gardiennage sera confié à Robert Tchang, est inauguré par Pierre Bérégovoy en 1983.
Les membres de l'Amacosmi n'ont jamais arrêté leurs recherches et sont à l'origine aussi de la création, dans les années 90, de la mine image aux Glénons, l'un de leur plus gros travail. On doit aussi au premier président de l'Amacosmi, Jean Grobarcik, la maquette du parachute Machecourt de la mine, réalisée d'après des plans d'archives, tout comme celle du train de la mine, avec l'aide de Rémi Champeau.

Un important travail de sauvegarde du patrimoine minier

Pendant plusieurs années, les anciens mineurs ont aussi assuré les visites guidées, puis ont formé, dès 1990, les premiers étudiants, la plupart petits-enfants de mineurs. Alain Pages est l'un des derniers aujourd'hui à encore faire partager son expérience aux visiteurs.

Au fil du temps, le musée est passé dans les mains des communautés de communes : Entre Loire et forêt, puis du Sud-Nivernais. Le travail de réaménagement, de transformation de vitrine, etc..., entrepris dans les années 2000 par Francis Dreyer, de la Conservation des musées et du patrimoine de la Nièvre, a permis de donner un second souffle au musée.

Aujourd'hui, l'Amacosmi, composée d'une vingtaine de membres, dont France Golob et Alain Pages, continue son travail de mémoire en épluchant les archives. « Nous faisons aussi de petites publications et avons participé à la mise en place de l'expo temporaire dédiée aux quarante ans du musée », confie le président, Pascal Balourdet.
Un travail de fourmi pour laisser le témoignage le plus complet aux futures générations.

* Quand la mine a fermé en 1974, il a travaillé à l'entreprise SPPM à La Machine puis a fini sa carrière dans un laboratoire pharmaceutique, à Nevers.

Estelle Pion estelle.pion@centrefrance.com

Vous pouvez joindre le Musée au 03 86 50 91 08, ou à l'adresse 1, Avenue de la République à La Machine, ou bien encore par internet sur la page Facebook du Musée de la Mine.

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