Alain Malinowski, lié à La Machine, un des Nivernais à avoir sombré avec le sous-marin "Eurydice" en mars 1970

Avec le naufrage du sous-marin français "Eurydice", le 4 mars 1970, ce sont deux Nivernais qui avaient disparu : Noël Devainon, originaire de Lormes, très attaché à La Machine ; et Alain Malinowski, dont le père était natif de La Machine, où résident encore des cousins et cousines.

Le sous-marin EurydiceLe 4 mars 1970, lorsqu'il monte à bord du sous-marin S 644 Eurydice, submersible de type Daphné, construit à la fin des années cinquante à Cherbourg, Alain Malinowski, l'un des vingt quartiers-maîtres de l'équipage, réalise son rêve. Quelques jours plus tôt, il écrit à sa famille en disant combien il est heureux de « connaître enfin la vie des sous-mariniers ». Il sait qu'un exercice Casex Aéro (axé sur la lutte anti-sous-marine ; un sous-marin doit échapper à la détection d'un radar embarqué dans un avion survolant la zone de navigation) va lui permettre de plonger pour la toute première fois. Alain Malinowski a 18 ans et demi. Il s'est engagé six mois plus tôt.

À 7 h, le 4 mars 1970, l'Eurydice quitte Toulon. L'avion qui participe à l'exercice établit un contact. Il observe le périscope du sous-marin. Le Casex Aéro commence. Deux heures plus tard, le submersible ne donne plus aucun signe de vie. Il a sombré au large de Saint-Tropez, au sud-est du cap Camarat. Dix jours s'écoulent. Puis l'épave est localisée à 750 mètres de fond. La Méditerranée est toujours aujourd'hui, depuis près de cinquante ans, le linceul d'Alain Malinowski et de ses cinquante-six camarades d'équipage.

« L’exemple d’un idéal et d’une foi dévouée au service du pays »
Le 10 mars 1970, six jours après le drame, le ministre de la Défense de l’époque, Michel Debré, cite Alain Malinowski et ses compagnons d’infortune à l’ordre de l’Armée, à titre posthume : "Ayant volontairement choisi la vie passionnante mais dangereuse des sous-marins, ont offert à tous les Français l’exemple d’un idéal et d’une foi dévouée au service du pays. Disparus en service commandé avec leur bâtiment, le 4 mars 1970."

Le dimanche 3 mars 2019, à Toulon, lors d'une cérémonie, les anciens sous-mariniers ont rendu un vibrant hommage à l'équipage de l'Eurydice ; le lendemain, jour anniversaire du naufrage, un autre rassemblement, à Ramatuelle, a célébré la mémoire des sous-mariniers que l'Eurydice a emporté dans les abîmes.

Né à Paris, Alain Malinowski avait de très forts liens avec La Machine, le berceau de son père Mario (enterré à Marzy) et le lieu de résidence de plusieurs cousins et cousines. Dans la cité minière, où le temps n'a pas effacé le drame, la famille Malinowski est très connue. Bernard Malinowski, son cousin, l’avait rencontré « trois, quatre fois » pas plus. Enfant, Alain venait passer des vacances dans la cité minière. « Son père était mon oncle », ponctue Bernard. Un lien suffisamment fort pour que ce dernier, juste après le naufrage, monte à Paris « pour la cérémonie d’hommage » aux marins disparus de l’Eurydice.

Josépha Malinowski, tante d'Alain, nonagénaire aujourd’hui, la voix empreinte d'émotion, le dépeint comme « un jeune homme très calme » qui appréciait ses périodes de vacances machinoises. Elle se souvient des jours qui ont suivi l'annonce du naufrage et la disparition de son neveu par alliance : « Peu après, on nous a téléphoné. Je suis allée à une cérémonie au cimetière de Nevers. »

Chez les Malinowski de la cité minière, l’émotion reste, malgré le demi-siècle qui s'est écoulé depuis le naufrage. Le drame reste en mémoire. Tout comme dans la grande famille des sous-mariniers.

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